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La gare

Le 9 mai 1836, la chambre des députés, considérant qu’il n’existe dans les environs de Villeneuve que 2 moyens de desserte du secteur (la route Royale n°108 et le canal des étangs) décide la construction d’une ligne de chemin de fer qui reliera Montpellier à Cette et qui desservira la ferme de la Castelle (St Martin de Prunet). Le tracé définitif a été approuvé officiellement le 31 mai 1836 par  Suquet, maire de Villeneuve lès Maguelone.Les travaux débuteront en 1837. La date la 1ère circulation officielle a été enregistrée le 24 décembre 1838 alors que l’inauguration officielle n’aura lieu que le 9 juin 1839.

La gare de Villeneuve en 1910. (CP.coll.A.Guerrero)

D’abord établie sur une seule voie, la compagnie va acquérir les terrains pour la construction d’une seconde voie (1852).

Les premières locomotives, »La Notre Dame des Tables», «l’Hérault», «la Montpelliéraine», «la Rosine» et «la Cettoise» tractaient 3 types de wagons : les berlines de luxe, les diligences et les omnibus.

En 1839, le billet Montpellier-Cette coûtait 2F20 en diligence et 1F50 en wagon non rembourré. La longueur du parcours Montpellier-Cette était de 27.553 mètres. En partant de Montpellier,» on trouvait  7 gares intermédiaires dont 3 gares de stationnement avec des bureaux de voyageurs et 4 gares d’évitement pour y remiser les voitures et les wagons hors de service. Les premières sont celles de Villeneuve, Mireval et Frontignan, les secondes sont celles de la Castelle (gare des fours à chaux), du Mas d’Andos, de Maureilhan et du Puits du Salin.  

Quelques ouvrages d'art furent nécessaires, dont un pont de pierre à 5 arches, d'une longueur de 58 mètres qui enjambait la Mosson après Maurin.

A Villeneuve, on a construit la maison S qui était une maison de garde. On trouvait un agent et un  garde armé tous les kilomètres.

La gare de Villeneuve est une trois portes «classique», type P.L.M comprenant un abri voyageur avec une lampisterie, une chambre de service, un poste d’aiguillage et des toilettes. La longueur de la gare est de 200 mètres, et on trouve à chaque bout des doubles rails mobiles (excentriques). Le receveur de la station s’occupait de l’excentrique côté Cette, alors qu’un garde particulier surveillait celui du côté de Montpellier.

On peut s’étonner de l’éloignement de la gare qui a été construite à environ 2 km du village. Il faut savoir qu’à l’époque de sa construction, les populations locales, terrorisées par «ces machines tonitruantes  crachant le feu» préféraient les voir passer à distance respectable des habitations.

Pour pallier cet inconvénient, on va mettre en place un service de voiture à cheval qui assurera la jonction Villeneuve-la gare (Voir photo). Cette navette disparaîtra lorsque la ligne de cars BOULADOU assurera directement la liaison Villeneuve-Montpellier.(1928)

Le 29 juillet 1844, un déraillement provoqua la mort de 3 passagers et on déplora une cinquantaine de blessés. Parmi  les passagers blessés se trouvait la femme de Guillaume TRIMON, l’adjoint au maire de Villeneuve, qui souffrit de quelques contusions.

L’installation de cette ligne de chemin de fer  va marquer le début d’une ère de  prospérité économique pour notre village. En effet, le raisin de table, le vin et les spiritueux allaient pouvoir être acheminés vers la capitale et les pays d’Europe dans des délais très rapides. Les viticulteurs allaient privilégier ainsi la culture du Chasselas au détriment des autres cultures, et faire de Villeneuve la «capitale du raisin de table».

Quelques chiffres: en 1843, on enregistre en gare de Villeneuve 1273 tonnes de marchandises (vins, paille, engrais...). Entre le 24 août et le 15 octobre 1871, 1103 tonnes à l’arrivée et 898 tonnes au départ (dans la catégorie «vins et spiritueux» uniquement). Après la 1ère guerre mondiale, en pleine campagne des raisins de table, 30 à 35 wagons chargés de 12 à 16 tonnes quittent tous les jours la gare de Villeneuve.

La construction de cette voie a donc contribué largement à l’essor et au développement de Villeneuve.  La gare est le témoignage de cette activité débordante qu’a connue notre village. 

(Remerciements à Mr Paul Genelot qui a eu l'amabilité de nous fournir ces renseignements.)