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Abrégé de l'histoire de Villeneuve lès Maguelone

 

Le territoire de notre commune a été habité depuis de nombreux siècles. Des foyers découverts dans la grotte de la Madeleine ont révélé une antiquité de près de 5000 ans.

Par sa situation entre la colline de st Baudille, alors couverte de bois de chênes verts d’oliviers et de pins où abondaient lapins, lièvres, sangliers et loups, et la mer que borde une lisière d’étangs poissonneux et peu profonds, il se présente sous la forme d’une plaine fertile, à peine vallonnée, propice à l’agriculture. Ses premiers habitants connaissaient déjà la culture du blé et se nourrissaient de gibiers, d’herbage, de poissons et de coquillages.

Successivement des peuples divers passèrent et s’installèrent dans ce territoire si favorable à la vie; ce furent les marchands grecs, des romains, des Goths, puis des Sarrasins.

Lorsque Charles Martel s’empara de Maguelone, fief épiscopal, il donna le lieu de Vilanova ( Villeneuve) à un de ses lieutenants.

En 819, Louis le débonnaire, fils de Charlemagne restitua à l’évêque de Maguelone, le lieu de Villeneuve dont il avait été dépouillé. C’est la 1ère fois que le nom de Villeneuve apparaît dans un acte officiel.

Maguelone ayant été détruite par Charles Martel, l’évêché est transféré à Substantion, non loin de Castelnau le Lez, mais les évêques résidaient le plus souvent à Villeneuve où ils avaient fait construire une belle et grande résidence sur l’emplacement de laquelle s’élèvent aujourd’hui les bâtiments du Chapitre (le "Capitou" en occitan).

Au XIIème siècle, Villeneuve obtint des évêques successifs des chartes de franchises municipales qui attribuaient aux habitants de Villeneuve des privilèges importants. Ce ne furent pas des dons gracieux et gratuits ; les premières chartes furent payées en beaux écus d’or ; les autres, par la suite, furent obtenus en échange de services rendus à l’évêché. Les évêques rêvaient d’agrandir leur fief de Maguelone en attirant les étrangers que les rois d’Aragon, alors seigneurs de Montpellier s’efforçaient d’attirer dans leur seigneurie.

Dans le courant du XIIIème siècle, Villeneuve acquiert de plus en plus d’importance. La ville possède un hôpital, des marchés francs. La pêche est une source de revenus importante. L’enceinte des murailles est trop étroite pour contenir toute la population et il se forme deux paroisses foraines. La 1ère est située au pied de la colline de St Baudille (St Exindre de la Madeleine), et l’autre au bord de la Mosson (St Saturnin du Pouzols).

Mais avec l’installation des papes à Avignon, les évêques de Maguelone délaissent leur résidence de Villeneuve pour la cour papale. C’est le déclin.

Les guerres religieuses du 16ème siècle désolent le pays. Les deux paroisses foraines disparaissent et les paysans recherchent l’abri des remparts. Alors, dans l’enceinte surpeuplée, sans le moindre souci d’hygiène, à deux pas des étangs peu profonds, que les étés trop chauds assèchent en partie, la population est décimée par des épidémies de fièvre.

On compte 600  habitants vers le milieu du 18ème siècle, alors que la population atteignait plusieurs milliers d’habitants au début du 14ème siècle. La vie y est si misérable que pendant de longues années, les États du Languedoc doivent consentir des réductions d’impôts considérables.

Après la Révolution la situation s’améliore lentement. Ce n’est qu’en 1838 qu’on se décide d’abattre les hautes murailles inutiles et à laisser pénétrer largement l’air et le soleil qui balaient les miasmes et chassent les maudites fièvres pernicieuses.

Trente ans plus tard, la population atteint 1800 âmes. Après l’ouverture de la voie ferrée Montpellier-Cette, le raisin primeur « Chasselas » apporte la prospérité. Mais une calamité s’abat sur tout le vignoble français, le phylloxéra. L’agriculture est ruinée. A peine a-t-on trouvé une solution à cette situation catastrophique que la 1ère guerre mondiale ruine tous les efforts.

Entre les deux guerres, la culture du raisin de table et l’exploitation des salins font de Villeneuve un village prospère. Mais le déclin de la viticulture, et les impératifs économiques qui gèrent l’économie mondiale entraînent la disparition de ces 2 activités importantes.

A partir des années 1970, la pression foncière entraîne le village vers l’abandon des dernières exploitations et transforme le village en cité pavillonnaire.

Villeneuve qui approche aujourd'hui les 10 000 âmes est un gros village de la périphérie de Montpellier qui devra innover et être imaginatif afin d’affronter les enjeux du prochain millénaire.