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Le Football à Villeneuve

 

Villeneuve connut les premiers balbutiements du football avec la naissance du Gallia Club Villeneuvois (GCV) vers 1925, mais ce n’est que le 9 Juin 1928 que naissait officiellement l’Union Sportive Villeneuvoise (l’USV), avec le dépôt des statuts en préfecture de Montpellier. Son siège social était situé au café “Tanagra”, aujourd’hui disparu, qui se trouvait au départ du boulevard du chapitre, face au chemin de la mort aux ânes.

Les matchs se déroulaient sur l'ancien terrain d'aviation désaffecté de la route de Palavas. Le terrain étant déjà relativement plat, il fallut peu de travaux pour y installer un terrain de jeu. On disait alors qu'on allait "jouer à l'aviation".

La création du club fut enregistrée au journal officiel le 24 juin 1928 sous le n°148.

L’enregistrement à la ligue du Sud-est date du 26 juin 1950 sous le n°12.224.

L’association Sportive Villeneuvoise recevra l’agrément par la direction générale de la Jeunesse et des Sports le 26 février 1953, sous le n°12.732. 

Quatre jeunes villeneuvois furent à l’origine de la création du club: Frédéric et Jean MARTIN, Henri COULET et Joseph CAPLAT. A l’époque, la cotisation était de deux francs par membre actif. Les rencontres se déroulaient sur l’ancien terrain d’aviation désaffecté, route de Palavas.

Le Bureau du nouveau club est ainsi composé:

Président: Frédéric Martin, pêcheur.  

Vice-Président: Léon Martin, pêcheur.

Secrétaire: Henri Coulet, viticulteur.

Trésorier: Joseph Caplat, viticulteur.

L’article 2 des statuts de l’association précise:

«L’Union Sportive Villeneuvoise a pour but la pratique d’exercices physiques, de préparer au pays des hommes robustes et de créer entre eux des liens d’amitié et de bonne camaraderie.»

Toute discussion politique ou religieuse est formellement interdite.

La durée de l’association est illimitée.

Article 4:

“Sont membres d’honneur les personnes ayant rendu des services exeptionnels ou versant au minimum une cotisaton de 50 francs......

Sont membres postulants ou pupilles les gens âgés de moins de 15 ans agréés par le bureau sur demande écrite de leurs parents, tuteurs ou répondants. Ils versent une cotisation de 12 francs payables six mois. Ils ne prennent pas part aux votes.”

L’ancien terrain de l’aviation ne correspond plus aux exigences d’un championnat officiel. Il est en plus trop éloigné du village, ce qui nuit à la participation active des “supporters” qui doivent faire un long trajet pour venir encourager leur équipe fanion.

En décembre 1936, le conseil municipal est saisi d’une demande émanant des groupes sportifs de la commune qui sollicitent l’achat d’un vaste terrain communal qui pourrait être utilisé pour les démonstrations et jeux pratiques de leurs adhérents. Le conseil municipal approuve le principe de l’achat d’un terrain de sports le 17 décembre. Le projet est confié à Mr.Marcel Bernard, architecte à Montpellier, 9, rue du jardin de la Reine.

Après des sondages effectués en divers endroits, il est décidé l’acquisition d’un terrain de 2 hectares situé au nord-est du village, dans les parcelles n°1084 et 1085 au lieu-dit “Font Majour”, et appartenent à Mme la Comtesse de Cabrières. L’acte de vente est signé le 10 juin 1937, dans l’étude de Me.Maurice Cornier, notaire à Montpellier. La transaction est passée pour une somme de 50.000 francs.

Le conseil municipal, félicite M.Léonce Domergue, maire, “d’avoir réussi à mener à bonne fin, des transactions qui s’avéraient particulièrement délicates et laborieuses.” L’achat et l’aménagement du terrain coûteront 144.000 francs.

Le village est désormais équipé d’un terrain de sports digne de ce nom.

 

L’Union Sportive a toujours été présente sur tous les terrains de la région. Aprés une trêve forcée due à la guerre, l’USV repartait de plus belle en créant deux équipes Seniors, et les résultats ne tardèrent pas:

En 1955, le président du club demande à la municipalité une subvention de 50.000 francs pour le nivellement du stade par bulldozer.

La même année, l’USV prend en charge l’organisation de la fête du village appelée “Fête des Raisins” qui aura lieu du 1er au 4 octobre. Mr.Ramadier supervise l’organisation de la fête. Une course de taureaux, une Royale est prévue le 2 octobre. C’est Mr.Hilaire qui dirigera l’organisation des arènes sur le plan de la coopérative. 620 entrées seront enregistrées!

Le club achètera 11 bas, 11 flottants, 50 crampons et 11 maillots aux couleurs du club. (jaune et noir) Ces maillots seront jaunes cerclés d’une large bande noire, superposée de deux autres bandes noires plus étroites. Le tout pour une somme de 22.840 francs.

Les résultats ne se feront pas attendre. L’équipe fanion de Villeneuve se distinguera à plusieurs reprises dans les différentes compétitions dans lesquelles elle sera engagée. Mais, une année va marquer le vie du club, c’est la saison 1955/56. C’est certainement lors de cette saison que les couleurs du club ont été hissées le plus haut. Cette année est encore présente dans la mémoire de beaucoup de Villeneuvois qui se souviennent de l’équipe type formée de: Ponsy, Pignol, Maurin, Molina, Bouissinet, Bouladou, Arce, Estève, Lacan, Declochez, Roméro, Roussel, Diaz.

 

Mais écoutons plutôt le secrétaire faire le bilan de cette saison

“Actuellement, 33 licenciés placent l’union sportive au 7ème rang des clubs héraultais de par le nombre de leurs membres actifs. Et c’est sans orgueil, sans prétention, mais avec une légitime fierté que nous nous présentons partout, et partout, nous sommes estimés et respectés.

Le championnat de 3ème division nous a valu cette année une énorme satisfaction. Après une lutte fraticide pendant de longs mois avec notre plus sérieux adversaire et ami, le club de St Jean de Védas, il nous a tout de même fallu attendre la dernière journée du championnat pour coiffer sur le potaeu notre malheureux second et enlever le titre de champion du groupe A, nous assurant de jouer en deuxième division pour la saison 1956/57, et nous permettant de jouer le titre de champion du Languedoc.

Ce championnat avait plutôt bien débuté pour nos couleurs, puisque le tirage au sort nous déclare exempt au premier tour. En ½ finale, après un long et coûteux déplacement à Narbonne, l’Union Sportive se qualifie brillamment en éliminant l’U.S Font-Romeu par 5 à 2, après une rencontre fertile en incidents, et qui d’ailleurs ne put avoir sa durée règlementaire due à l’attitude de nos adversaires.

En ce dimanche 20 mai, nombre d’entre nous espérions ramener à Villeneuve un titre de champion du Languedoc qui aurait été le 1er acquis depuis notre création en 1928. De tels espoirs étaient pourtant justifiés. C’était méconnaître la valeur de notre adversaire, l’Etoile Sportive d’Aniane, formée de jeunes joueurs en excellente condition physique et pratiquant un très joli foot-ball. Cette équipe sut, au moment propice, porter l’estocade à nos U.Sévistes, qui malgré la volonté et l’énorme travail fourni par la majorité de nos équipiers dans cette rencontre, durent s’avouer vaincus par 3 à 1.

En sportifs que nous sommes, disons que le résultat de cette finale est logique. Félicitons sans réserve nos joueurs de nous avoir permis de vivre, après une excellente saison, cette finale où nous étions cette année particulièrement intéressés.”

 

 Quelques résultats du Club:

Saison 1955/56: Finale de 3ème division; 8ème de finale de la coupe du Languedoc contre le glorieux SOM.

Saison 1968/69: 16ème de finale de la coupe du Languedoc contre Perpignan.

L’expérience et le courage les conduiront jusqu’en 1ère Division jusqu’en 1989.

Aujourd’hui, le club évolue en promotion de 1ère Division.

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 Sur l’emplacement de l’ancien stade, on a construit l’école maternelle. Le stade Henri Fabre, quant à lui s’est déplacé un peu plus au nord. Il va bientôt subir des aménagements importants, afin de pallier aux exigences de plus en plus nombreuses des clubs sportifs qui animent la vie associative du village.

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Mr.Bigot (né en 1910) raconte les balbutiements du foot à Villeneuve:

Le Gallia était dissout, on l’a reformé avec Elie Bouladou.On a décidé de l’appeler “L’Union Sportive”. Ca a démarré de là, on trouvait des matchs, mais c’était pas comme aujourd’hui. On s’amusait.  Un collègue de Viols, qui travaillait chez un marchand de limonade se débrouillait pour trouver des matchs. Il travaillait dans une petite rue près de la rue Chaptal. On allait dans la rue Maguelone, chez Terrot, pour acheter des chaussures, des bas, des maillots. Comme je travaillais en ville, c’était moi qui faisais les achats. Puis aprés, je suis parti de Villeneuve, et il en est venu d’autres.

On jouait au terrain d’aviation et on y allait à pieds. Les filles venaient nous voir jouer. Il n’y avait pas ce championnat, c’était des matchs amicaux. On n’avait qu’un seul ballon, on s’en occupait tous les deux avec Elie. C’était un ballon en cuir qu’il fallait coudre. Il fallait l’entretenir.

Valentin Alluvain était arrière, il rouspétait toujours, son frère Henri était un fin joueur.Il y avait Louis Tessier, Carrot, je me rappelle plus. C’est que c’est vieux tout ça. On avait acheté les barres, il n’y avait pas de filet. On n’en mettait pas avant."

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On ne pourrait terminer cette trop brève rétrospective de l’Union Sportive sans évoquer la mémoire de Joseph Blanc, dit « Blancou ». Homme de cœur, toujours disponible, il fut, pendant plus de 30 ans, un dirigeant qui marqua par sa personnalité et son dévouement la vie du club.

Le samedi 27 janvier 2001, la municipalité rendait un hommage à cette âme bénévole trop tôt disparue, en baptisant le nouveau terrain de foot, "Stade Joseph Banc".