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Archéologie

L’occupation Antique aux environs de Villeneuve

  Le passé prestigieux de l’abbaye de Maguelone ne saurait faire oublier aux yeux de l’archéologue ou du simple curieux attaché aux plus lointaines racines de ce pays, les vestiges d’une occupation plus ancienne et par là même plus difficile à déceler et à interpréter.

Le pays de Villeneuve,  situé au carrefour de terroirs de natures diverses a offert, dès le préhistoire de multiples ressources à ses habitants. Les reliefs calcaires de la Gardiole et son versant méridional, découpé d’étroites gorges  (le Creux du Miège) offrait aux hommes préhistoriques de nombreuses grottes qui furent utilisées aussi bien comme lieux d’habitat que comme sépultures. La plus connue est la grotte de la Madeleine qui fit l’objet de fouilles dans les années 50. La grotte a été occupée sans doute de façon épisodique par les premiers paysans du Néolithique moyen (environ 3000 ans avant JC) puis par leurs descendants de l’âge de cuivre.(2000 ans avant JC) et de l’âge du bronze (de 1800 à 800 ans avant JC).  Mais ces agriculteurs qui moissonnaient les céréales à l’aide de faucilles en silex et élevaient moutons et bœufs n’utilisaient la cavité qu’à titre temporaire. Ils occupaient surtout de petits hameaux comportant quelques cabanes en roseaux et en torchis installés sur les terrasses caillouteuses qui dominent l’étang de l’Arnel. De patientes prospectives ont permis d’inventorier une dizaine de points d’habitat comme aux quartiers de Domenoves, Coste belle, La Causside, Rat de Merle, l’Eau Périe ...

Ces paysans étaient aussi des pêcheurs et on a même retrouvé sur l’un de ces habitats des dents de daurades et quelques vertèbres de carpes. La chasse constituait une ressource d’appoint. A l’époque, vivaient encore dans ces contrées des cerfs et des chevreuils, dont on retrouve parfois les ossements. Mais le gibier le plus fréquent était le sanglier, qui s’adapte aussi bien à la garrigue qu’au marais.

Les vestiges de l’âge du Bronze et du fer sont plus rares dans les zones basses. On connaît cependant des habitats de hauteur avec de gros murs de pierre sèche sur la Gardiole.

Les terres à vignes de Villeneuve furent intensément exploitées par les colons romains et les traces de la période gallo-romaine sont très nombreuses. Elles peuvent aller de la grande exploitation rurale, la "villa", jusqu’à la modeste masure d’ouvrier agricole. On connaît aussi des nécropoles à incinération et à inhumations et quelques tombes isolées, bouleversées par les labours modernes. Les nombreuses prospections conduites par Lucien Albagnac, de Frontignan, ont permis de recenser plus d’une vingtaine de sites, de plus ou moins grande étendue. Outre les vestiges brisés de poteries, le soc des charrues a heurté à plusieurs reprises des vestiges de murs, témoins d’anciens bâtiments aujourd’hui enfouis sous terre.

On rencontre de tels vestiges au bord même de l’étang, notamment dans le secteur de la Causside, où la dernière remontée marine (transgression flandrienne) a entraîné l’ennoyage d’un vaste habitat du Bas-Empire romain (III-Vème siècles ap.JC). La présence en ces lieux d’une forte implantation gallo-romaine s’explique certes par la production viticole, mais aussi peut-être par la richesse locale que représentait déjà le sel à cette époque. La remontée générale du niveau marin depuis le néolithique, avec la dernière transgression à l’époque romaine, mais aussi la tendance générale à l’enfoncement dans tout le delta du Rhône et ses marges, nous laissent à penser que plusieurs sites ont complètement disparu sous les étangs. Ils ne peuvent être retrouvés qu’à la faveur de travaux de dragage ou de plongées, comme c’est le cas dans l’étang de Thau (habitat de l’âge du bronze) ou en arrière de la Grande-Motte (habitat néolithique à deux mètres en dessous du niveau actuel de l’étang de Mauguio)