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Le pont d'Arnaud

 

Le pont d'Arnaud (Dessin d'après J.B.Rihet-Boismery " Maguelone, la prisonnière des sables" -

Arnaud Editions . 1993 ) 

Ce pont avait été construit au XIème siècle sous l'épiscopat de  Arnaud, l'évêque qui "ressuscita" Maguelone, après trois siècle de sommeil. D'une longueur de plus d'un kilomètre, ce pont partait du port du Pilou, traversait l’étang,  pour réunir l’île de Maguelone avec la plaine de Villeneuve.  A l'extrémité sud, du côté de la plage, se trouvait une hôtellerie destinée aux pèlerins et aux voyageurs.  

Dans son « Histoire de Montpellier », Charles d’Aigrefeuille  donne vers 1730, une description assez précise des vestiges de cette chaussée :« …On y voit une suite de pilliers qui portoient un pont de bois pour les gens à pié, & au bas une large chaussée de maçonnerie qui sortoit hors de l’eau, et qui servait aux grosses voitures….

 On y voit encore dans le trajet de Villeneuve à Maguelone des pilliers ronds de distance en distance elevez  considérablement sur l’eau, épais de cinq à six pieds de diamètre, sur lesquels étoient de grosses pièces de bois en travers pour porter avec les arcboutans qui étoient par dessous, les poutres qui joignaient un pilier à l’autre. Ces poutres étaient couvertes de grosses planches qui formoient un pont de bois fort long & étroit, pour les gens à pié, tandis que les grosses voitures passoient sur une jetée de pierre appelée Peirade…. »

Les traces de cette chaussée ont été retrouvées à plusieurs reprises dans le courant du XIXème siècle par le service hydraulique. Au mois d’avril 1900, Frédéric Fabrège fait le compte-rendu d’une excursion faite à Villeneuve avec plusieurs membres de la Société archéologique : « Nous avons constaté les traces de l’ancienne jetée à travers l’étang, entre Villeneuve et Maguelone. On distingue 19 piles cylindriques en pierre posées sur béton, distante l’une de l’autre de 7,25 mètres. Elles supportaient des poutres qui soutenaient le tablier d’un pont. Les restes de ces poutres semblent indiquer qu’elles étaient en bois de sapin. » (Mémoires de la Société archéologique de Montpellier. 2ème Série. Tome 2 . p.450) (Mémoires de la Société archéologique de Montpellier. 2ème Série. Tome 2 . p.450)  

En partant du port du Pilou, dans le prolongement du pont d'Arnaud, on allait au mas de la Madeleine, et au-delà, en empruntant le chemin dit « Carrière pèlerine » que l’on retrouve mentionné en 1764 sous les noms de « Carrière Roumive ou des Pèlerins » et de « chemin des pèlerins ou de Maguelone à Saint Bauzille ». Ce chemin existe encore aujourd’hui, même s’il est coupé en quelques points.

Ce pont ne sera détruit qu’au milieu du XVIème siècle (1652) alors que Maguelone était devenue un îlot solitaire abandonné des évêques et des chanoines qui avaient préféré les commodités et les réjouissances de la grande voisine Montpellier. La translation du siège de l’évêché de Maguelone vers Montpellier eut lieu en 1536, sous l’épiscopat de Guillaume Pellicier le Jeune,  ami du roi de François Ier.