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... La basilique funéraire de Maguelone (suite)
Entreprise
le 19 janvier 1998, la fouille préventive de Maguelone s'est achevée le 17 décembre
1999, après onze mois consacrés au terrain. Sous la direction scientifique
de Guy Barruol, directeur de recherche au CNRS, et de Claude Raynaud, chargé de
recherche au CNRS, le chantier a été mené par Alexandrine Garnotel (Adal),
assistée de Jérôme Hernandez (Adal). L’équipe a été renforcée
ponctuellement par deux fouilleurs salariés, Evelyne Fabre et Guilhem Colomer
ainsi que par plusieurs bénévoles et étudiants de l'Université de
Montpellier III.
Observé
partiellement dès les premiers décapages, un réseau complexe de saignées de
culture a été étudiÉ lors de la troisième campagne de fouille. Attestant la
présence d'un vignoble dès le début de l'ère, cette mise en valeur des
terres de l'île se poursuit jusqu'au IVe s. les dernières vignes cédant la
place à la basilique.
La
zone explorée (environ 2 500 m2), située entre 150 et 200 m à l'est de la
cathédrale romane, a révélé une basilique funéraire de grandes dimensions
accompagnée de nombreuses sépultures. L’ensemble est daté de l'Antiquité
tardive.
L’édifice
est très arasé mais perçu dans sa totalité et bien lisible au soi.
Parfaitement orienté, ü comporte une vaste nef à vaisseau unique prolongée
à l'est par une abside semi-circulaire très puissante et contrefortée. Trois
annexes s'appuient contre la moitié orientale de la nef, deux au nord et une au
sud. La moitié occidentale de la nef est entourée d'une galerie, sans doute
un portique dans lequel donnent accès trois entrées flanquées de massifs maçonnés
quadrangulaires, l'une au nord et l'autre au sud, la troisième dans l'axe de l'église,
à l'ouest. Aucun aménagement liturgique n'est visible dans cette église. .
Les
structures de cet édifice ne sont conservées au mieux qu'au niveau des
fondations et ont manifestement fait l'objet de récupération de matériaux
à une date ancienne.
Deux
cent quinze sépultures de types variés ont été mises au jour et fouillées,
auxquelles il faut ajouter une cinquantaine de tombes partiellement masquées
par les bermes ou tronquées par des aménagements d'époque moderne ou
contemporaine. L’extension du cimetière entourant cette église n'a pu être
observée que partiellement. Hébergeant une population civile atypique, ce
cimetière ne dévoile rien de son mode de recrutement. Plusieurs sépultures
fouillées contenaient du mobilier métallique, essentiellement des objets de
parure et, parfois, des fioles de verre. L’ensemble de ce mobilier ainsi que
la typologie de ces tombes permettent de les dater entre le Vle s. et le Vlle s.
L’absence de toute inhumation antérieure au bâtiment est désormais
certaine. La majorité des tombes observées est, sans nul doute possible,
exactement contemporaine de l'utilisation de l'édifice dont la vocation funéraire
est ainsi confirmée. La basilique de Maguelone semble avoir été détruite, et
ses matériaux récupérés assez rapidement, peut-être dans le cours du Vlle
ou du V!!le s.
Guy
Barruol (CNRS-UMR 154, Lattes), Claude Raynaud (CNRS-UMR 154. Lattes) et
Alexandrine Garnotel (ADAL)
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